76...Exposition : Raidron / Rochigneux - Septembre 2025

Aurélie RAIDRON - Pierre ROCHIGNEUX

"L'autre à l'autre"
 
 


Aurélie Raidron

Stéréotypie

(psychiatrie) : du grec « στερεός » (stereos : solide, figé) et « τυπός » (tupos : caractère)

(imprimerie) : du grec « στερεός » (stereos : solide, dur) et « τυπός » (tupos : empreinte, marque)

 

Contexte : En 2024-2025, j’intègre la septième saison de résidence du Projet Bloom (le Cerisier). Cet accompagnement s’adresse aux « compositeur·ices et artistes qui questionnent le son ». Je décide d’aborder un son singulier, indissociable des effets sensoriels du geste qui les déclenche. Je terminerai cette résidence avec un livre d’artiste et une performance pensée comme une réinterprétation sonore du livre. Cet ouvrage multipliera les tentatives vaines d’expliquer ce son, et les impasses dans les nombreux échanges avec les encadrant·es de la résidence. Les travaux visibles ici sont des réinterprétations de ces tentatives explorées dans le livre d’artiste. Par l’empreinte, la gravure et la carte, ce geste-son autiste s’approche mais ne se saisit pas.

Du centre de mon appartement à la cuisine, je passe plusieurs fois par jour l’articulation de mon index sur le mur tapissé de toile de verre peinte en gris. L’événement m’apparaît parfois pendant qu’il se déroule. Mieux, il peut être rendu évident après coup. Ses conditions d’apparition varient ; elles rendent compte d’états internes en recherche d’une stimulation spécifique en résonance ou l’évitement de celle-ci.

Ce geste-son est catégorisé comme de l’autorégulation. La psychiatrie le qualifie encore de « stéréotypie ». Cet ensemble de manifestations est plutôt commun chez les personnes autistes. Péjoratif, le terme semble progressivement tomber en désuétude. Pourtant, j’aborde ici sa dimension polysémique pour porter ce geste-son de non-création à la création, témoignant également de l’incapacité à le restituer.

 

Pierre Rochigneux

Notes en notes

Les éléments intimes se regroupent et se dispersent et voyagent. Vont et viennent et se posent. S'assemblent, se gardent se cachent ou sont détruits, ou se perdent. Perdent les protagonistes de la petite histoire. La personne qui a envoyée, celles qui ont transporté, celle qui a reçu. Les cartes postales ici présentées portent plus d'un siècle de l'histoire humaine par l'image, par les mots. L'exposition porte le silence et montre ses traces. Ici n'est montrée que l'image.

Inattendus des images par les variations de couleurs, de cadrages et de montages, on en ferait un film. Correspondantes désuètes aujourd'hui pour les e.réseaux et leurs clouds...

À l'origine de cette accumulation, je cherchais une carte de l'Ile de Ré sur laquelle est posée une partie de ma famille.

 
 

Remerciements à Florence Bruyas - Delphine Alleaume - Leïla Simon



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